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La dysfonction vertébrale

Par Dr Richard Morency, chiropraticien

Les lésions fonctionnelles de la colonne vertébrale se nomment subluxation ou dysfonction vertébrale. Elles comportent deux caractéristiques majeures: une atteinte articulaire (musculo-squelettique) et une atteinte neurologique.

L'atteinte articulaire

Le premier signe objectif témoignant d'une atteinte articulaire est une altération de l'amplitude de mouvement articulaire. Les vertèbres ainsi lésées peuvent généralement être localisées lors de l'examen biomécanique, et radiologique dans les cas plus avancés. La perte de mobilité est le signe clinique le plus fréquent. Ce blocage articulaire entraine des effets graves sur l'intégrité des tissus. En effet, les articulations sont des milieux spécialisés où l'action des mouvements et des fluctuations de pression sur les liquides quelles contiennent influencent directement la synthèse et la régénérescence des éléments qui les constituent.

Par exemple, l'immobilisation prolongée d'une vertèbre stimule la production d'enzymes qui digèrent les surfaces articulaires (les métalloprotéinases). Ainsi, l'amincissement du cartilage ne provient pas d'une usure normale causée par l'âge mais bel et bien d'une réaction de l'organisme à des dommages persistants ou à une immobilisation prolongée. Cette réaction s'accompagne par la suite d'une expansion osseuse (ostéophytose) visant à consolider et stabiliser davantage l'articulation lésée. L'ensemble de ces phénomènes est connu sous le nom d'arthrose (ex. spondylarthrose, spondylose, discarthrose). La dysfonction vertébrale serait donc le premier signe objectif de l'activation du mécanisme de l'arthrose. Incidemment, cette dernière peut généralement être contrôlée par une réhabilitation de la mobilité segmentaire en médecine manuelle.

L'atteinte neurologique

Fréquemment illustrée par le coincement d'un nerf à proximité de sa sortie entre les vertèbres, l'atteinte neurologique résultant d'une dysfonction vertébrale est complexe. En effet, elle peut résulter de différents mécanismes tels une compression, une irritation chimique ou une activité réflexe nocive. Cette dernière serait possiblement la composante la plus courante. Par exemple, le blocage d'une vertèbre altère les informations sensitives provenant des structures adjointes (ex. muscles, tendons, ligaments). Cette altération peut modifier le fonctionnement d'organes qui partagent un même réseau de neurones (interconnections) au niveau de la moelle épinière. C'est pourquoi la dysfonction vertébrale peut entraîner un déficit fonctionnel sur des tissus ou organes distants. Le cas échéant, la correction de la dysfonction vertébrale devient nécessaire afin d'en normaliser la fonction.

La cause

La cause fondamentale de la dysfonction vertébrale (arthrose) est la persistance de dommage au point où la capacité de régénérescence du tissu est excédée. Dans un tissu normal, l'usure est neutralisée par le processus régénératif. L'usure normale provient du stress mécanique relatif à la charge pondérale (poids) et de l'activité des muscles dont la contraction soutenue exerce un effet d'érosion sur les surfaces articulaires. Le stress psychique participe également à cette usure par son action globale sur la tension musculaire (hypertonie).

Un ensemble de facteurs tels le développement asymétrique de la colonne vertébrale, le stress, les traumatismes, les prédispositions génétiques ou les conditions pathologiques (ex. ostéoporose, arthrite rhumatoïde) peuvent contribuer à excéder la capacité de régénérescence du tissu. C'est alors, qu'en dernier recours, l'organisme active une réaction de consolidation afin de stabiliser l'articulation. Celle-ci occasionne une immobilisation articulaire, ce qui a pour effet d'accélérer la dégénérescence et de stimuler une expansion de la structure osseuse (ex. ostéophytes, becs de perroquet). La première évidence objective d'une telle réaction est une perte de l'amplitude du mouvement segmentaire, c'est-à-dire une dysfonction vertébrale. Celle-ci, douloureuse ou non, est palpable lors d'un examen de la biomécanique vertébrale. À moins d'une fusion complète, la réhabilitation et le maintien de la mobilité articulaire permet généralement de contrôler le processus dégénératif.

 




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