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L'ARTHROSE

Par Dr Richard Morency, chiropraticien

Arthrose, arthrite, voici deux mots qui peuvent prêter à confusion. Tous deux sont issues de la racine grecque « arthron » signifiant articulation. La terminaison en « ose » traduit une maladie affectant l’articulation alors que la terminaison en « ite » traduit un état d’inflammation. Ainsi, le mot arthrite décrit une réaction ordonnée (l’inflammation) en réponse à une lésion articulaire. Cependant, il ne précise pas l’origine du dommage. Le mot arthrose, de son côté, fait référence à une maladie de l’articulation d’origine dégénérative.

Arthrose et l’usure

Fig 1 Aggrandissment cartilage.
Les points bleutés représentent des cellules de cartilage. Elles sont responsables de la matrice (rose).

Lorsqu’on fait référence à la dégénérescence, on suggère que les dommages à un tissu, en l’occurrence le cartilage des articulations, sont causés par l’effet de l’usure dans le temps. C’est pourquoi l’arthrose est souvent associée à la vieillesse. Alors comment se fait-il qu’on puisse la rencontrer à tout âge ?

Le problème vient du fait qu’on compare l’usure d’un tissu vivant à l’usure d’un objet inanimé, par exemple, les pneus d’une voiture. Les tissus humains sont différents, ils sont composés de cellules vivantes. Ces dernières accomplissent leur fonction jusqu’à une limite de temps prédéterminée pour ensuite mourir et être remplacées par de nouvelles cellules. Il en est ainsi pour la plupart des tissus vivants. Ce cycle naturel est dépendant d’une usure normale. Qu’arrive-t-il lorsqu’il s’use trop vite ?

L’arthrose et la dégénérescence

Si, par exemple, un stress mécanique ou une blessure vient à endommager une articulation au point où le tissu ne peut reprendre le dessus, nous aurons une situation de déséquilibre. Dans ce contexte, les dommages excèdent la capacité du tissu à se régénérer. À défaut de guérir, la dégénérescence domine. Les dommages s’aggravent et les déficits s’accumulent. À l’endroit d’une articulation, ceci pourrait se traduire par une instabilité et un risque de blessure supplémentaire. Comment l’organisme devrait réagir ?

La dégénérescence d’une articulation est une source d’instabilité et de vulnérabilité. Si le contexte ou la condition responsable de l’aggravation des dommages demeure inchangé, la guérison, tout en assurant l’intégrité du tissu est compromise. La deuxième meilleure option pour l’organisme est la consolidation.

L’arthrose et la mobilité

Fig 2 Colonne lombaire. 
Les ostéophytes sont des expansions osseuses favorisant la stabilité.

La principale fonction d’une articulation est la mobilité. L’amplitude des mouvements d’une articulation est déterminée par son architecture. Il serait possible, par exemple à partir de fossiles, de déterminer l’amplitude précise des mouvements d’une articulation, simplement en examinant les surfaces articulaires et ce, sans même avoir jamais vu un spécimen vivant. Cette notion est importante car elle permet de comprendre les modifications associées à l’arthrose.

Ainsi, lors d’une consolidation, la fonction et la structure d’une articulation seront altérées. En premier lieu, nous observerons une diminution de l’amplitude de mouvement, l’ankylose. C’est pourquoi, avant même de voir les premiers signes d’arthrose sur une radiographie, un spécialiste en médecine manuelle peut détecter la première phase de dégénérescence par un examen dynamique de la mobilité articulaire. Si la situation dégénère davantage, on pourra observer une modification de la structure articulaire. Les cartilages s’amincissent. On croyait autrefois qu’il s’agissait de l’effet d’une usure par friction, nous savons aujourd’hui que cet amincissement est causé par une enzyme produite par les cellules de cartilage. Simultanément, les cellules osseuses sur le pourtour de l’articulation se multiplieront. Cette expansion, appelée ostéophyte, provoquera un élargissement visible (ex. des nodules aux doigts).

L’altération de la structure articulaire correspond à une modification de la fonction, soit une perte des amplitudes du mouvement. Ainsi, le remodelage de l’articulation entraine une stabilisation au détriment de la mobilité.

L’arthrose, une réaction

Et voila, nous venons de définir l’arthrose (ex. spondylarthrose, discarthrose, ostéoarthrite). Il ne s’agit pas d’une maladie au sens propre, mais bel et bien d’une réaction de solidification en réponse à des dommages articulaires persistants. Si, par exemple, une enfant se blesse une articulation (ex. fracture) et que celle-ci ne réussit pas à guérir complètement, une réaction d’arthrose pourra alors être activée par l’organisme. C’est pourquoi l’arthrose peut se présenter à tout âge.

Qu’elles sont maintenant les conséquences de l’arthrose ? Comme nous l’avons mentionné, il s’agit de la deuxième meilleure réponse. En effet, le mécanisme de solidification requiert une accélération de la dégénérescence.

La pompe articulaire

Nous savons que la mobilité d’une articulation provoque un jeu de pression des liquides contenus à l’intérieur de celle-ci. Ce phénomène se nomme la pompe articulaire. Ce mécanisme est responsable de la nutrition des cellules de cartilage. Par exemple, en comprimant à répétition une éponge sale dans une chaudière, l’eau propre remplace l’eau sale dans l’éponge sous l’effet de pompage. De la même façon, sous l’effet de la compression causée par les mouvements, le liquide riche en nutriments remplace le liquide pauvre dans le cartilage. Ainsi, l’immobilité d’une articulation endommage le cartilage. C’est pourquoi, suite à la guérison d’une fracture, ce sont les articulations demeurés immobiles qui seront le plus souffrant lors du retrait du plâtre et non pas l’endroit de la fracture.

L’arthrose se propage

Lorsque l’arthrose affecte une articulation, les dommages se limitent rarement à celle-ci. En effet, à l’exception possible des membres supérieurs, une perte de mobilité articulaire se répercutera souvent sur les articulations voisines. C’est pourquoi, sur un examen d’imagerie, par exemple de la colonne vertébrale, on observe rarement une réaction d’arthrose affectant une seule vertèbre. La réaction se propage généralement aux vertèbres reliées à cette dernière, soit celle au dessus et celle en dessous. On dit alors que la dégénérescence est multi-étagée. Cette expansion est à ce point universelle qu’on peut souvent estimer l’âge d’un individu par l’examen visuel ou radiologique de sa colonne vertébrale.

La compréhension de ce phénomène est très importante. En effet, les douleurs persistantes ou récidivantes affectant les articulations témoignent généralement d’un phénomène dégénératif incontrôlé. C’est souvent ce qui se produit lorsqu’un traitement se limite essentiellement à un effet antidouleur. Pour être efficace à court et long terme, le traitement de l’arthrose doit inévitablement adresser et corriger le déficit de mobilité articulaire. Si de nombreuses études scientifiques tentent de comparer différentes approches tant qu’à leur efficacité sur la réduction de la douleur, très rares sont celles qui comparent les gains réelles de mobilité. De plus, les phases douloureuses de la dégénérescence sont généralement entrecoupées de phases chroniques, relativement indolores. Ainsi, peut importe le traitement, la douleur finira toujours par s’estomper sans pour autant avoir corrigé la cause de la dégénérescence.

L’arthrose, le traitement

Fig 3 Vertèbres cervicales. Lors d'une manipulation réussie, le son (Pop) provient du liquide contenu entre les facettes et non des os.

La médecine manuelle, telle la chiropratique, possède des avantages indéniables dans le traitement des atteintes articulaires de type arthrose. Cette médecine est intéressée dans le diagnostique, le traitement et la prévention des lésions fonctionnelles du type neuro-musculo-squelettique.

En effet, le chiropraticien grâce à ces techniques d'examen, telle la palpation dynamique segmentaire (ex. Motion Palpation), est uniquement qualifié pour localiser les lésions arthrosiques même au stade précoce, lorsque ces dernières ne présentent aucun signe radiologique. Il lui est donc possible d'intervenir avant l'aggravation de la lésion. De plus, en complétant ses examens, par exemple, neurologique et orthopédique, il sera en mesure d'identifier les incidences sur les structures connexes (ex. nerfs, muscles, tendons, ligaments, capsule, enthèse).

Le mode de traitement privilégié est la manipulation vertébrale (Spinal Manipulative Therapy). Ces techniques sont d’une haute précision. Elles sont réservées à des professionnels de la santé formés en milieu universitaire (doctorat de premier cycle). L’objectif du traitement est la réhabilitation de la mobilité articulaire. La manipulation précise d’une articulation immobile provoque une décompression. Celle-ci provient de la séparation des surfaces articulaires bloquées (facettes). Un mouvement rapide de gaz à l’intérieur de l’articulation confirme le succès de l’intervention par un son audible (« pop »). Ce phénomène traduit une activité réflexe complexe, impliquant la moelle épinière et les centres nerveux supérieures (cérébraux). Il en résulte une normalisation de l’activité des tissus, dont les articulations, les muscles et les nerfs. Les gains graduels de mobilité articulaire confirment l’efficacité du traitement.

L’arthrose, la dysfonction vertébrale

Dans un langage qui lui est propre, le chiropraticien fait souvent référence à la dysfonction vertébrale. Il s’agit en réalité d’arthrose. On lui préfère cependant l’appellation de dysfonction car celle-ci englobe un ensemble de déficits, par exemple neurologiques, que l’expression arthrose n’adressent pas. Le fait que le chiropraticien traite en grand nombre ceux atteints de dysfonctions vertébrales font de lui un des professionnels de la santé qui possèdent la plus grande expertise dans le traitement de l’arthrose.

Complément d’information :

Voir: La manipulation vertébrale

Voir: La réhabilitation



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