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LA HERNIE DISCALE

Par Dr Richard Morency, chiropraticien

Colonne vertébrale

Figure 1

La hernie discale est une condition, souvent très douloureuse, qui touche principalement des adultes âgés entre 25 et 55 ans et dont le traitement conservateur procure généralement un dénouement beaucoup moins catastrophique qu'anticipé, voir même un retour fonctionnel relativement complet (pré-clinique) et pour cause :

La flexibilité de la colonne vertébrale repose sur la présence de disques souples (Fig. 1 Éléments oranges) entre les vertèbres rigides. Ces disques intervertébraux, souvent comparés à des coussins, sont des articulations spécialisées dont les deux principales fonctions sont de permettre aux vertèbres de bouger et d'amortir les forces de compression.

La mobilité des vertèbres est essentielle car elle assure la nutrition et la régénérescence des tissus articulaires (ex. disque et cartilages). Leur intégrité repose donc sur un équilibre précaire entre l'usure normale et la régénération. Ainsi un stress mécanique soutenu ou un traumatisme pourrait rompre cet équilibre et entraîner la dégénérescence d'une articulation. Ce phénomène se traduit initialement par une réaction de perte de la mobilité. Cette restriction, une forme de blocage, se nomme une dysfonction vertébrale.

Hernie discale

Figure 2

Les effets de la dysfonction sur le disque intervertébral sont assez bien connus. Elle provoque une compression continue du disque. Ce dernier est composé d'un noyau central gélatineux (N) et d'anneaux fibreux (A) sur le pourtour afin de résister, sous l'effet de la pression (P), la déformation ou le déplacement du noyau vers l'extérieur. Ainsi, peu importe le mouvement, le noyau peut se déformer sans réduire son volume et tout en demeurant au centre du disque. C'est un système pressurisé qui accomplit à merveille sa fonction d'amortisseur. Par contre, une compression (P) constante du noyau pourrait entraîner la formation de fissures (F) au travers des anneaux fibreux. Ce phénomène se retrouve chez près de 40% de la population souffrant de maux de dos chronique (persistant ou répétitif). Si cette dégénérescence se poursuit, des débris provenant entre autres du noyau pourront infiltrer la fissure, cheminer vers l'arrière et former une protrusion (hernie discale), causant une éventuelle compression ou irritation des fibres nerveuses adjacentes. Par ce mécanisme surgiront, par exemple, des douleurs et des engourdissements pouvant radier dans la fesse, la cuisse ou la jambe.

Fait à noter, le mot hernie désigne le déplacement d’une structure en dehors de son emplacement normal. L’expression hernie discale provient de la croyance qui voulait que le noyau central se déplace vers l’extérieur. Aujourd’hui nous savons qu’il en est rien. Ce sont bel et bien des débris résultant de la dégénérescence du disque qui infiltrent une fissure. Il semblerait donc futile de penser pouvoir ramener ou aspirer cette protrusion vers l’intérieur alors que nous ne connaissons aucune circonstance où la nature tenterait de créer à nouveau une structure à partir de débris. L’objectif thérapeutique devrait donc considérer en priorité les facteurs suivants : préserver l’intégrité des tissus sains, contrôler le processus dégénératif et favoriser une cicatrisation complète.

Nous disions donc que la dysfonction vertébrale participe à la formation de la hernie discale, une lésion d'origine mécanique. Le mécanisme est complexe. Par exemple, nous savons aujourd'hui que l'affaissement du disque hernié résulte d'une modification des protéines synthétisées par les cellules du disque en réponse à un stress continu. La nouvelle protéine retient moins d'eau (déshydratation) et provoque par le fait même une réduction de la hauteur du disque. Cet affaissement se traduira par un transfert anormal du poids sur les facettes postérieures (non-illustrées) d'où leur dégénérescence concomitante.

Il est donc impératif de retrouver la mobilité des vertèbres dysfonctionnelles afin de contrôler le processus dégénératif. Autrement, la réhabilitation est impossible. En absence de déficits neurologique progressif et irréversible (< 10 %) l'intervention en médecine manuelle dans le traitement de l'hernie discale est de première importance de par son action caractéristique sur de la mobilité articulaire afin de réduire le stress mécanique et de promouvoir le retour fonctionnel.

La dysfonction vertébrale

 



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